Le dernier capitaine de la Nouvelle-France

Son nom est Louis Groston de Saint-Ange et de Bellerive. Né en 1700 à Montréal, il est le fils de Robert Groston de Saint-Ange et de Marguerite Crevier. Vers l’âge de vingt ans, il quitte Montréal avec sa famille pour l’Ouest. Son père est nommé officier en charge du fort Saint-Jean au Michigan (aujourd’hui Fort Niles). En 1723, il accompagne son père et Étienne de Véniard de Bourgmond au fort d’Orléans sur le Missouri. Pendant plusieurs années, il y occupe divers postes militaires et dirige même des détachements. Il demeure au Missouri jusqu’en 1736.  Ensuite, il obtient, grâce aux démarches de son père auprès du gouverneur de la Louisiane, Jean-Baptiste Lemoyne de Bienville, une charge de lieutenant et est nommé en charge du Fort Ouabache (Indiana). Il y demeure jusqu’en 1764. Pendant son service, il doit faire face à plusieurs escarmouches avec les autochtones. Ses exploits ne sont pas connus. Mais il sort de son quasi anonymat en étant le dernier capitaine français à remettre aux britanniques, le dernier fort français, en l’occurrence, celui de Chartres en Illinois. Malgré la réticence du chef autochtone Pontiac, il remet le fort au capitaine Thomas Stirling le 10 octobre 1765. Il termine sa carrière dans l’armée espagnole. En effet, les autorités espagnoles ont de la difficulté à traiter avec les autochtones. Le capitaine Saint-Ange, les assiste dans cette tâche. On lui confie même la direction de Saint-Louis jusqu’à l’arrivée de Pedro Josef Piernas en 1770. Par la suite, il demeure conseiller auprès des espagnols jusqu’à son décès qui survient en 1774.

Pour en connaître davantage sur cette figure obscure de l’histoire de la Nouvelle-France, je vous invite à lire :

CAPITAINE PERDU, TOME 1
Auteur : Jacques TERPANT
Éditeur : Glénat
Paru : 9 septembre 2015
Format : Ebook
Genre : Bande dessinée
Disponible : Decitre (ePUB fixed layout), Amazon.fr (kindle), Amazon.ca (kindle), Numilog (fixed), Kobo

Résumé :

« Décolonisation forcée… 1763. Suite au traité qui met fin à la guerre de Sept Ans, Le Roi de France cède l’Amérique aux Anglais. Mais contrairement à ce que pensait Voltaire, il ne s’agit pas de quelques arpents de neige, mais de l’équivalent du Canada d’aujourd’hui et d’une vingtaine d’États des États-Unis. Alors que les soldats français, peu nombreux, abandonnent leurs possessions aux tuniques rouges, les Indiens se soulèvent, et sous le drapeau à fleurs de lys du Roi de France, menés par le chef Pontiac, ils reprennent les fortifications des Français.
À fort de Chartres, sur les bords du Mississippi, le dernier des capitaines français en place, devra remettre l’ultime fort à l’Anglais. Mais comment abandonner ses alliés Indiens avec lesquels on a vécu, et parfois pris femme ? Comment obéir aux ordres du Roi sans les trahir ? Comment les aider sans se perdre ? Mais au fond, que veut vraiment le Roi ? Après l’adaptation des romans de Jean Raspail (Sept Cavaliers), c’est dans l’un de ses livre de voyages que Jacques Terpant apprend l’existence, sur les bords du Mississippi, de Saint Ange, le dernier des capitaines français qui dut remettre aux Anglais les clés de toute l’Amérique.
Il signe en deux tomes et en couleurs directes une fresque de cette épopée ignorée, qui signa la fin du premier empire colonial. En fin d’album, un cahier documentaire de 8 pages revient en détail sur le contexte historique développé dans le récit. »

Le grand dérangement

À mes yeux, la déportation des Acadiens, survenue en 1755 et durant les années subséquentes, représente l’événement historique le plus traumatisant de l’histoire canadienne. Se pencher sur cette page d’histoire est douloureux, mais il me semble important de se la remémorer afin que nous ne l’oublions jamais. Les autorités britanniques n’ont toujours pas présenté d’excuses officielles au peuple acadien. Pourtant, les événements survenus au 18e siècle, relèvent du « nettoyage ethnique ». Les conditions subies par les Acadiens à l’époque, sont à se point effroyables, qu’il est surprenant que la couronne britannique ne daigne y reconnaître sa grande part de responsabilité.  Car bien sûr, les britanniques ne sont pas les seuls responsables de cette déportation.  Les autorités de la Nouvelle-Angleterre, ont aussi participé au « nettoyage » de l’Acadie.  Leurs motivations? Neutraliser une possible menace acadienne et amérindienne pouvant venir du nord. Les colons britanniques voient donc d’un bon œil cette opération de prise de contrôle. Pour saisir les prémisses de la déportation, il faut remonter à 1713. Le Traité d’Utrecht, qui met fin à la guerre de Succession d’Espagne, prévoit la cession des terres les plus populeuses de l’Acadie à l’Angleterre.  Afin de gagner la docilité des Acadiens, les britanniques exigent d’eux qu’ils prêtent un serment d’allégeance à la couronne britannique. Mais désirant demeurer neutres dans le conflit opposant l’Angleterre à la France, ils refusent. Dès 1720, on commence donc à penser et à planifier la déportation de sujets qui ne seront jamais de « loyaux britanniques ». Après la fondation d’Halifax, les nouveaux colons venus de l’Angleterre convoitent les terres des Acadiens, qui grâce à la techniques des aboiteaux, sont extrêmement fertiles. Les débuts triomphants de la France durant le guerre de Sept ans les inquiètent au plus haut point.  Les plans de la déportation sont donc mis de l’avant.  En 1754-1755, le gouverneur Charles Lawrence discute avec les colonies américaines afin de prévoir la venue de colons américains afin de remplacer les Acadiens.  Des troupes sont donc envoyées et celles-ci ont pour mission de confisquer embarcations et armes aux habitants. Après une nouvelle demande de signature du serment d’allégeance et le refus des Acadiens, l’ordre de déportation est signé et les évacuations commencent en juillet 1755. L’ordre de déportation prévoit que les Acadiens doivent être envoyés dans les différentes colonies de Nouvelle-Angleterre. On forme donc des groupes par âge et par sexe, tout en sachant pertinemment que cela divise les familles.  On embarque donc les divers groupes sur des navires en partance pour les colonies britanniques ou même l’Angleterre, la France, la Louisiane ou les Antilles françaises. Environ 10 000 personnes ont ainsi été déplacées.  Les acadiens qui tentèrent de fuir furent traqués et exécutés.  Beaucoup de fugitifs trouvent la mort durant leurs errances en hiver et environ la moitié de la population acadienne trouve la mort durant les années 1755 à 1763…

Ma suggestion de lecture :

LE SAULE DE GRAND-PRÉ
Auteur : René VERVILLE
Éditeur : Fides
Paru : 1er mars 2001
Format : Papier
Disponible : Archambault, Renaud-Bray, Amazon.ca, Amazon.fr, Leslibraires.ca

Résumé :

Rivière-aux-Canards, bassin des Mines, 1755

En cette terre d’eau, de sel, de flux et de reflux, au milieu des prés aux riches moissons, la famille Brault vit, heureuse, en Acadie de la Nova Scotia. Comme des milliers d’autres en ce coin du monde, Alexis Brault est un cultivateur de la mer. Il a appris à dompter les marées et à vivre des prés endigués. Mais, depuis quelque temps, un grand malheur couve à Halifax. Milieu d’août, il éclate. Envoyés par le gouverneur Lawrence, arrivent Monckton, Winslow et Handfield. Tout chavire. Éradiquée de sa glèbe, morcelée et dispersée en des lieux hostiles, la famille Brault sera dérangée dans son âme et dans sa chair.
Salha, le légendaire saule de Grand-Pré, surplombe l’immensité du bassin des Mines. Témoin des événements tragiques de l’automne 1755, il en a conservé tous les détails en mémoire. C’est à travers tout ce que Salha « a vu, entendu et perçu » que l’auteur raconte le Grand Dérangement.

Né à Nicolet en 1932, René Verville est ingénieur-électricien de métier. Depuis toujours, la généalogie et l’histoire, principalement celle de la Nouvelle-France, ont occupé ses loisirs. Ce vif intérêt s’est rapidement transformé en passion lorsque, en établissant l’arbre généalogique de sa famille, il s’est découvert un ancêtre acadien… le héros de ce roman.

Gagnant du concours littéraire La Plume d’Argent.

Malcom Fraser : De soldat écossais à seigneur canadien. 1733-1815

Officier du régiment des Fraser Highlanders, Malcolm Fraser débarque au Canada avec les troupes britanniques en 1758. Il prend part à la prise de Louisbourg, aux batailles des plaines d’Abraham et de Sainte-Foy ainsi qu’à la conquête de Montréal.

Avant même la fin de la guerre, dans un geste exceptionnel, le gouverneur James Murray lui concède en 1762 la seigneurie de Mount Murray (Cap-à-l’Aigle) «en considération des loyaux services rendus». Il deviendra plus tard seigneur de L’Islet-du-Portage (Saint-André) et de la moitié est de l’île d’Orléans (Sainte-Famille et Saint-Jean).

Peu de Britanniques se sont aussi bien intégrés à la vie canadienne. Appartenant lui-même à un peuple conquis, Malcolm Fraser était bien placé pour comprendre les sentiments de la majorité environnante. Son engagement dans sa communauté et sa vie riche en événements en font l’un des personnages les plus intéressants de la période suivant la Conquête.

 

MALCOM FRASER : DE SOLDAT ÉCOSSAISmalcom_fraser
À SEIGNEUR CANADIEN. 1
733-1815
Auteur : Jean-Claude MASSÉ
Éditeur : Septentrion
Paru : 2006
Disponible : Septentrion (pdf)