Le naufrage du Batavia

Le 4 juin 1629, un navire affrété par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, le Batavia, fit naufrage au large de l’Australie. Il était en route pour les Indes néerlandaises (actuelle Indonésie) afin de livrer des quantités de pièces d’or et d’argent réservées au commerce des épices. C’est un trois-mâts construit en 1628. Il s’agit de son voyage inaugural. Il quitte l’île de Texel aux Pays-Bas le 28 octobre 1628.  À son bord, 341 personnes dont 38 passagers comprenant femmes et enfants. Ce voyage est sous l’autorité d’un négociant, Francisco Pelsaert. Le capitaine, quant à lui, est un dénommé Arien Jacobsz. Celui-ci accepte mal l’autorité du négociant car ils se sont déjà affronté lors d’un précédent voyage. À bord, se trouve aussi une certaine Lucretia van der Meylen accompagnée de sa bonne. Enfin, un personnage plutôt suspect est aussi à du voyage. Il s’agit de Jeronimus Cornelisz, troisième homme en autorité sur le navire. Cet individu, ancien apothicaire en faillite, fuit les autorités hollandaises qui désiraient l’arrêté à cause de ses liens avec un peintre qui était lui-même poursuivit pour immoralité, satanisme et hérésie. Enfin, il faut mentionner que la hiérarchie sociale est maintenue à bord. Ce qui va causer beaucoup de jalousies et de conflits. À tel point, qu’après 6 mois de navigation, les tensions sont telles que l’on frise la mutinerie à bord. Il faut dire que les tensions sont bien entretenues et attisées par Cornelisz. Celui-ci fomente une rébellion et cherche des comparses afin de s’approprier à même les cargaisons de la flotte, les marchandises les plus précieuses et de s’enfuir dans une région de l’Inde, à l’abri des autorités. Il réussi à convaincre le capitaine Jacobsz ainsi qu’une douzaine de membres de l’équipage.  La passivité du négociant Pelsaert, viendra à bout de la résistance d’autres marins qui se sentent frustrés par la diminution de leur salaire. C’est ainsi que tout est en place pour que se déchaîne une mutinerie. En agressant Lucretia van der Meylen, les membres du complot tentent de provoquer une mutinerie. Malheureusement pour eux, dans le nuit du 3 au 4 juin 1629, la navire s’échoue au large de l’Australie, dans les récifs Houtman Abrolhos, mettant fin momentanément, à leurs plans de révolte.  Quelques heures après le naufrage, un membre de l’équipage aperçoit un îlot où ils peuvent se rendre et décharger la cargaison en attente de secours. Au matin du 7 juin, 48 hommes d’équipage quittent les lieux du drame et voguent à bord des bateaux de sauvetages vers les rives de l’Australie. Les autres passagers et marins sont abandonnés sur l’île. Dans la première semaine, plusieurs personnes meurent de soif.  Des pluies abondantes viennent par la suite au secours des survivants. Ils réussissent à survivre en pêchant. Neuf jours après l’accident, le Batavia finit par se disloquer sous l’assaut constant des vagues. Plusieurs marins demeurés à bord meurent. Le dernier à être rescapé est, malheureusement, nul autre que Cornelisz. Celui-ci mettra l’île à feu et à sang dans ce qui représente encore aujourd’hui comme l’un des plus grands carnages de l’histoire de la navigation. En peu de temps, Cornelisz prend le contrôle du groupe de survivants. En constatant que l’arrivée des secours signifiera fort probablement son arrêt de mort, à cause de son rôle dans la tentative de mutinerie, il réussit à se constituer un groupe de personnes, surtout des marins ayant participé au complot. Son but, résister aux équipages de secours, s’emparer d’un des navires et s’échapper afin d’échapper à leur exécution. De plus, il doit éliminer toutes les personnes qui ne font pas partie du complot de la mutinerie. Il veut éviter qu’elles se joignent aux forces de secours. C’est ainsi que débute une tuerie systématique des potentiels opposants. Dès le début de juillet, il fait abattre les personnes les moins sûres du groupe. Cornelisz ne peut supporter tout regroupement d’opposants. Les habitants de l’île des Otaries (île où se sont réfugiés ces derniers) sont éliminés en plusieurs vagues. Plusieurs sont noyés, étranglés, taillés en pièces, battus à mort. les femmes survivantes devaient subir les assauts sexuels des mutins. Néanmoins, un groupe de rescapés des tueries de Cornelisz, réussissent à se réfugier sur une île. Sous l’autorité d’un simple marin du nom de Hayes, ils résistent aux attaques des hommes de Cornelisz. Ils réussissent à tenir jusqu’à l’arrivée des secours de Pelsaert. Les mutins sont faits prisonniers. Par la suite, un procès eut lieu et plusieurs mutins furent condamnés et torturés, dont Cornelisz qui n’avoua jamais ses crimes. Des 341 personnes embarquées à bord du Batavia, seulement 68 d’entre elles purent atteindre leur destination finale : Batavia.

Ma suggestion de lecture:

L’ARCHIPEL DES HÉRÉTIQUES – LA TERRIFIANTE HISTOIRE DES NAUFRAGÉS DU BATAVIA
Auteur : Mike DASH
Éditeur : JC Lattès
Paru : 24 avril 2002
Format : Ebook
Disponible : Decitre (ePub), Amazon.fr (kindle), Amazon.ca (kindle), Numilog (ePub), Archambault (ePub), Renaud-Bray (ePub), Leslibraires.ca (ePub), Kobo, Nook

Résumé :

L’histoire vraie de la plus folle et de la plus cruelle des mutineries menée par un hérétique qui se prenait pour Dieu. En 1629, affrété par des marchands hollandais, le Batavia file vers l’île de Java. A son bord, plus de trois cents passagers, hommes, femmes et enfants ainsi qu’une fabuleuse cargaison, équivalant à vingt millions d’euros. Et surtout, Jeronimus Cornelisz, un apothicaire ruiné, dévoré par le désir de revanche. A quelques milles des côtes australiennes, le navire se fracasse sur des récifs. Quelques îlots accueillent les survivants. Avec une dizaine de ses fidèles, Jeronimus va déclencher un abominable huis clos et exterminer un par un tous ceux qui s’opposent à lui. Testant avec cruauté leur soumission, il les humiliera avant de les achever. Un prêtre est prêt à renoncer à sa foi, les femmes sont livrées à la communauté… Pendant deux mois, l’archipel des hérétiques devient l’enfer sur mer. Un petit groupe saura résister jusqu’à l’arrivée des sauveteurs. Le procès de Jeronimus révélera alors les tourments délirants des bourreaux et des victimes. Sur cette plage déserte du Pacifique, les potences sont dressées… Mais l’histoire de Jeronimus n’est pas finie. Elle anticipe les barbaries à venir au nom de l’absolu. Mike Dash est historien, spécialiste de l’âge d’or hollandais. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont le best-seller international, La Tulipomania. Pour écrire ce livre qui va être porté à l’écran par Paul Verhoeven , il a retrouvé tous les textes et toutes les archives sur le Batavia.

 

Arthur Phillip et son rôle dans la fondation de l’Australie

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Arthur Phillip

Arthur Phillips (1738-1814) est le premier gouverneur de l’Australie (1788-1792). Il est aussi le fondateur de la ville de Sydney.
En 1770, le navigateur James Cook atteint la côte est de l’Australie, que l’on nomma la Nouvelle-Galles du Sud. À la demande de Lord Sydney (ministre de l’Intérieur d’Angleterre), Arthur Phillip commande la First Fleet dont la mission est de fonder une colonie pénitentiaire à la Nouvelle-Galles du Sud.  Il atteint les côtes de la nouvelle colonie le 26 janvier 1788 après 8 mois de navigation.  Cette date est demeurée importante pour les Australiens car elle correspond aujourd’hui à leur fête nationale. L’accompagne, 11 navires et environ 700 prisonniers (petits voleurs principalement de Londres) et gardiens.  Considérant le premier site très pauvre pour l’agriculture et trop exposé pour en assurer une défense convenable, il opte pour le site de Port Jackson (aujourd’hui le port de Sydney). 

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Port Jackson

Les débuts de la colonie sont très difficiles à cause, entre autres, de la pauvreté du sol et du peu d’expertise de la population en matière d’agriculture.  Ces lacunes laissent toujours planer l’ombre de la famine sur la colonie. Mais tant bien que mal, celle-ci se maintient en s’approvisionnant dans d’autres ports à proximité.  Peu à peu, les prisonniers acquièrent leur liberté et se font attribuer des terres pour l’exploitation agricole. Mais l’arrivée incessante de nouveaux prisonniers, teste toujours les capacités de la colonie.  Cependant, les choses se stabilisent, surtout avec la mise sur pied de l’industrie baleinière ainsi que celle de l’élevage du mouton, suite à l’importation de plusieurs bêtes.
Arthur Phillip, noua au cours de ses années comme gouverneur, de bonnes relations avec les autochtones.  Les Eoras, quoique très belliqueux, se montrèrent respectueux envers l’homme et sa mission.  Il noua même des liens avec un des chefs Bennelong.
En 1792, Phillips, dont la santé décline à cause d’une malnutrition chronique est finalement rappelé en Angleterre.  Il en profite pour emmener avec lui son ami Bennelong.  Il traîne aussi dans ses cales, de nombreuses espèces végétales inconnues en Occident.  Il finit ses jours paisiblement à Bath en Angleterre.

Pour en apprendre davantage sur l’homme et sur la fondation de l’Australie, je vous recommande le livre suivant :phillip_spy_novel

ARTHUR PHILLIP SAILOR, MERCENARY,
GOVERNOR, SPY
Auteur : Michael PEMBROOKE
Éditeur : Hardie Grant Books
Paru : 1er août 2013
disponible : Amazon (kindle), Amazon.ca (Kindle)