Le grand dérangement

À mes yeux, la déportation des Acadiens, survenue en 1755 et durant les années subséquentes, représente l’événement historique le plus traumatisant de l’histoire canadienne. Se pencher sur cette page d’histoire est douloureux, mais il me semble important de se la remémorer afin que nous ne l’oublions jamais. Les autorités britanniques n’ont toujours pas présenté d’excuses officielles au peuple acadien. Pourtant, les événements survenus au 18e siècle, relèvent du « nettoyage ethnique ». Les conditions subies par les Acadiens à l’époque, sont à se point effroyables, qu’il est surprenant que la couronne britannique ne daigne y reconnaître sa grande part de responsabilité.  Car bien sûr, les britanniques ne sont pas les seuls responsables de cette déportation.  Les autorités de la Nouvelle-Angleterre, ont aussi participé au « nettoyage » de l’Acadie.  Leurs motivations? Neutraliser une possible menace acadienne et amérindienne pouvant venir du nord. Les colons britanniques voient donc d’un bon œil cette opération de prise de contrôle. Pour saisir les prémisses de la déportation, il faut remonter à 1713. Le Traité d’Utrecht, qui met fin à la guerre de Succession d’Espagne, prévoit la cession des terres les plus populeuses de l’Acadie à l’Angleterre.  Afin de gagner la docilité des Acadiens, les britanniques exigent d’eux qu’ils prêtent un serment d’allégeance à la couronne britannique. Mais désirant demeurer neutres dans le conflit opposant l’Angleterre à la France, ils refusent. Dès 1720, on commence donc à penser et à planifier la déportation de sujets qui ne seront jamais de « loyaux britanniques ». Après la fondation d’Halifax, les nouveaux colons venus de l’Angleterre convoitent les terres des Acadiens, qui grâce à la techniques des aboiteaux, sont extrêmement fertiles. Les débuts triomphants de la France durant le guerre de Sept ans les inquiètent au plus haut point.  Les plans de la déportation sont donc mis de l’avant.  En 1754-1755, le gouverneur Charles Lawrence discute avec les colonies américaines afin de prévoir la venue de colons américains afin de remplacer les Acadiens.  Des troupes sont donc envoyées et celles-ci ont pour mission de confisquer embarcations et armes aux habitants. Après une nouvelle demande de signature du serment d’allégeance et le refus des Acadiens, l’ordre de déportation est signé et les évacuations commencent en juillet 1755. L’ordre de déportation prévoit que les Acadiens doivent être envoyés dans les différentes colonies de Nouvelle-Angleterre. On forme donc des groupes par âge et par sexe, tout en sachant pertinemment que cela divise les familles.  On embarque donc les divers groupes sur des navires en partance pour les colonies britanniques ou même l’Angleterre, la France, la Louisiane ou les Antilles françaises. Environ 10 000 personnes ont ainsi été déplacées.  Les acadiens qui tentèrent de fuir furent traqués et exécutés.  Beaucoup de fugitifs trouvent la mort durant leurs errances en hiver et environ la moitié de la population acadienne trouve la mort durant les années 1755 à 1763…

Ma suggestion de lecture :

LE SAULE DE GRAND-PRÉ
Auteur : René VERVILLE
Éditeur : Fides
Paru : 1er mars 2001
Format : Papier
Disponible : Archambault, Renaud-Bray, Amazon.ca, Amazon.fr, Leslibraires.ca

Résumé :

Rivière-aux-Canards, bassin des Mines, 1755

En cette terre d’eau, de sel, de flux et de reflux, au milieu des prés aux riches moissons, la famille Brault vit, heureuse, en Acadie de la Nova Scotia. Comme des milliers d’autres en ce coin du monde, Alexis Brault est un cultivateur de la mer. Il a appris à dompter les marées et à vivre des prés endigués. Mais, depuis quelque temps, un grand malheur couve à Halifax. Milieu d’août, il éclate. Envoyés par le gouverneur Lawrence, arrivent Monckton, Winslow et Handfield. Tout chavire. Éradiquée de sa glèbe, morcelée et dispersée en des lieux hostiles, la famille Brault sera dérangée dans son âme et dans sa chair.
Salha, le légendaire saule de Grand-Pré, surplombe l’immensité du bassin des Mines. Témoin des événements tragiques de l’automne 1755, il en a conservé tous les détails en mémoire. C’est à travers tout ce que Salha « a vu, entendu et perçu » que l’auteur raconte le Grand Dérangement.

Né à Nicolet en 1932, René Verville est ingénieur-électricien de métier. Depuis toujours, la généalogie et l’histoire, principalement celle de la Nouvelle-France, ont occupé ses loisirs. Ce vif intérêt s’est rapidement transformé en passion lorsque, en établissant l’arbre généalogique de sa famille, il s’est découvert un ancêtre acadien… le héros de ce roman.

Gagnant du concours littéraire La Plume d’Argent.