La grande famine

Au XIXe siècle, l’Irlande connaît une période trouble. En effet, entre les années 1845 et 1852, elle doit faire face à une terrible famine. Plusieurs facteurs concourent à l’émergence de cette disette qui eut un impact retentissant sur des générations d’Irlandais. Avant d’aborder la cause la plus directe et la plus connue de cette famine, il est intéressant de connaître le contexte dans lequel elle a pu apparaître. Deux siècles auparavant, en 1649, les anglais, suite à une révolte des irlandais catholiques contre Oliver Cromwell, imposèrent à ceux-ci diverses mesures pour les désavantager. Parmi celles-ci, il y a la Property Act. Cette loi imposa aux familles catholiques l’obligation de transmettre leurs propriétés terriennes entre tous leurs fils. Cette exigence entraîna donc le morcellement des terres. Les irlandais catholiques s’adaptèrent à cette nouvelle réalité en cultivant la pomme de terre, culture ne prenant pas beaucoup de place.  Vers le milieu du siècle, le niveau de la population se mit à excéder la capacité de production des terres agricoles. De plus, en 1845, l’Irlande vit l’apparition d’un parasite dévastateur : le mildiou ou Phytophtora infestans. Cet envahisseur sema la famine car il s’attaqua à la pomme de terre et contribua à abaisser le niveau de production de 40% de cet aliment. Les années suivantes virent se répéter l’anéantissement d’une bonne partie des récoltes. C’est cet effet récurrent qui entraîna le phénomène connu sous le nom de « Grande Famine ». C’est ainsi que durant plusieurs années, les Irlandais durent faire face à des années de grande famine. À tel point, que plusieurs millers de personnes moururent de faim. On estime à environ 1 million, le nombre de victimes, surtout des pauvres, qui succombèrent. Face à cette situation qui semblait ne jamais vouloir finir, de nombreux irlandais choisirent l’émigration afin de sauver leur vie et celles des membres de leur famille. Environ six millions de personnes optèrent pour cette dernière solution entre 1845 et 1850. Ils quittèrent l’Irlande pour la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Canada et l’Australie. Beaucoup d’Irlandais ont accusé les Britanniques d’avoir volontairement affamé la population irlandaise en ne procurant pas de vivres qu’ils avaient en quantité. En effet, l’armée britannique possédait à l’époque, les plus grandes réserves alimentaires d’Europe qu’elle garda pour elle.  Ce manque de volonté des britanniques provoqua un grand mécontentement dans la population et une hausse du sentiment nationaliste. À tel point qu’il se pourrait bien que l’une des racines du nationalisme irlandais qui s’est fortement fait sentir au XXe siècle, ait prit naissance à cette époque.

Mes suggestions de lecture :

MONSIEUR JOHN
Auteur : Guy DESSUREAULT
Éditeur : Éditions Hurtubise
Paru : 11 août 2011
Format : Ebook
Disponible : Archambault (pdf), Renaud-Bray (pdf), Leslibraires.ca (pdf)

Résumé :

1847. En Irlande, c’est la famine, la maladie, la mort. John Olsen, quinze ans, part avec les siens pour le Canada. La traversée en mer est terrible. Orphelin avant même de toucher terre, il est séparé de sa sour sur Grosse-Île, devant laquelle les navires chargés d’immigrants doivent s’arrêter. Beaucoup y meurent, vaincus par le typhus. John y fait la connaissance de Francis O’Connor. Il vivra en sa compagnie des aventures qui finiront par lui coûter cher. Une rencontre avec un personnage connu dans tout le pays, l’abbé Truchet, le mènera sur une voie opposée où, à force de détermination, il réalisera son rêve.

 


TERRE PROMISE, VOL. 1 : LES ANNÉES DE FAMINE
Auteur : Caroline PIGNAT
Éditeur : Boréal
Paru : 11 octobre 2011
Format : Papier
Disponible : Amazon.ca , Amazon.fr, Archambault, Renaud-Bray, Leslibraires.ca

Résumé :

1847, Wicklow, Irlande. La famille de Kit tente de survivre, en dépit d’une récolte ravagée par le mildiou, une maladie de la pomme de terre. Travaillant comme domestique à la maison des maîtres, la jeune fille de quatorze ans est confrontée à l’écart éhonté entre leurs conditions de vie et celles de sa famille. Devant les revers de fortune qui s’accumulent, Kit et sa famille font tout ce qu’ils peuvent pour arriver à payer leur loyer et éviter de voir l’impitoyable régisseur incendier leur ferme. Ce roman, d’une riche portée historique et sociologique, propose un récit d’aventures très prenant. Campé durant la Grande Famine irlandaise, le roman dresse un portrait crédible de la réalité des paysans. Dénonçant les inégalités sociales et de droit, le récit montre jusqu’où peuvent pousser la misère, la souffrance et l’injustice. Mettant en scène une héroïne aimante et déterminée, le roman enchaîne les drames, vols, poursuites et emprisonnements. L’écriture captivante suit le parcours de personnages aux multiples ressources, évoluant dans une intimité familiale chaleureuse. Tissé de luttes, de premières amours, de découvertes et de déceptions, le quotidien quasi insoutenable de l’héroïne reste toujours marqué d’espoir. Prix du Gouverneur Général en 2009, ce livre est le premier tome d’une saga.


LE PROPHÈTE NOIR : UN RÉCIT DE LA FAMINE EN IRLANDE
Auteur : William CARLETON
Éditeur : Éditions Terre de brume
Paru : 24 octobre 2006
Format : Papier
Disponible : Decitre, Amazon.fr, Amazon.ca, Renaud-Bray

Résumé :

Publié d’abord en feuilleton dans le Dublin University Magazine (1846) puis sous forme de livre (1847), Le Prophète noir est sans doute le plus connu des ouvrages qui composent ce qu’il est convenu d’appeler  » la littérature de la famine « . William Carleton, en empruntant à la tradition  » gothique  » les traits propres à noircir encore une réalité tragique, y décrit les effets dévastateurs de la Grande Famine de 1845, et se fait le porte-parole d’un monde rural confronté à la perspective de son propre anéantissement.
C’est donc une traversée de ce monde qu’il convie son lecteur, en le plongeant d’emblée dans une Irlande de cauchemar où les éléments déchaînés semblent bien être la manifestation du courroux de Dieu contre ses créatures, où les paysages torturés ne montrent que champs dévastés, masures branlantes, lieux sauvages rendus plus effrayants encore par les histoires naturelles qui s’y rattachent. L’intrigue, aussi noire que la période où elle se déroule, tourne autour de Donnel Dhu,  » le Prophète noir « , une sorte de charlatan maléfique, type fréquent dans l’Irlande du XIXe siècle.
Un meurtre a été commis, aucun indice certain n’a pu mener au coupable, mais les soupçons pèsent depuis toujours sur la famille Dalton. Or, le meurtrier est Donnel Dhu… Autour de lui gravitent plusieurs personnages, grotesques et repoussants comme l’usurier Skinadre, qui profite de la misère pour s’enrichir, émouvants et fragiles comme Mave Sullivan, pleins de feu et épris de justice comme Sally et Condy Dalton…
Le drame personnel est l’image de la tragédie collective, tout comme Donnel Dhu, figure du mal, fermé jusqu’au bout à tout repentir, devient la figuration diabolique d’une catastrophe impitoyable.