Barberousse, roi de la Méditerranée

De son vrai nom, Khizir Khayr ad-Dîn, Barberousse est un pirate qui a fait la loi en Méditerrannée aux 15e et 16e siècles.  Né en 1466 à Lesbos, une île grecque proche de la Turquie d’aujourd’hui, il se fait d’abord potier comme son père. Son frère aîné Arudj est, quant à lui, corsaire. Il est fait prisonnier et retenu dans une prison de l’île de Rhodes. Khizir décide donc d’aller le délivrer.  C’est de cette façon qu’il débute sa carrière de corsaire. Après la mort de son père, lui et son frère Ishaq, rejoignent leur frère aîné Arudj, corsaire sur des navires turcs en Méditerrannée. Sous le commandement de leur aîné, les trois frères assurent des convois de musulmans et de sépharades fuyant l’inquisition espagnole instituée par la reine Isabelle la catholique, pour rejoindre l’empire ottoman en 1492. C’est à cette époque qu’il commence à se faire appeler « Barberousse ». Étrange, car il semble qu’il soit plutôt châtain…  C’est plutôt son frère aîné qui est roux. Quoi qu’il en soit, ce surnom lui reste jusqu’à la fin de sa vie. Les trois frères entreprennent alors une carrière dans la « guerre de course » en usant d’actes de piraterie à l’encontre de navires chrétiens. Suite à ces activités qui le rend célèbre dans le monde méditerranéen, il est nommé Bey à Alger par les corsaires et les soldats, suite au décès de son frère Arudj. Durant cette période de sa vie, Khizir fait allégeance à l’empire ottoman car il craint une attaque des espagnols. Le sultan Sélim 1er (père de Soliman le Magnifique), lui envoie en retour 2000 janissaires et 4000 soldats turcs. Mais il perd une bataille importante contre les kabyles et doit leur céder la ville d’Alger. Pendant quatre ans, il reprend ses activités de piraterie afin de se refaire une fortune. Par la suite, il recommence ses conquêtes. Il subit une défaite cuisante en 1526 contre la flotte pontificale sous le commandement d’Andrea Doria. Il continue tout de même ses tentatives de conquêtes et parvient en 1529 à vaincre les espagnols à Alger en prenant et détruisant le Penon d’Alger (forteresse). Démantelée, elle sert par la suite à la construction d’une rade. C »est le port d’Alger qui est ainsi créée. En 1531, il défait la flotte d’Andrea Doria qui s’était attaqué à une partie de sa flotte. Il le poursuit, et sur son passage, il ravage les côtes de Provence et les côtes italiennes. En 1533, il est convoqué à Constantinople par Soliman le Magnifique qui le fait Grand amiral de la flotte ottomane. Il devient ainsi pacha de l’empire. En poste dans la capitale ottomane, il réorganise la flotte impériale et fonde littéralement la marine ottomane. L’année suivante, il dirige une mission que lui confie le Grand Vizir Ibrahim Pacha. Elle consiste à capturer Giulia Gonzagua, considérée a l’époque comme la plus belle femme d’Italie, afin de faire d’elle la concubine de Soliman afin de déloger la maîtresse de celui-ci, la belle et puissante Roxelane (Hürrem). Mais, la belle réussit à échapper à ses kidnappeurs. Barberousse, frustré par cet échec, commande alors  l’exécution des habitants de Fondi, ville ou se trouve le château de l’italienne. L’année 1538, est marquée par la fameuse bataille navale de Prévéza. Andrea Doria, à la solde de Charles Quint, se présente avec une énorme flotte réunie par la Sainte Ligue, devant celle de Barberousse. Aucun combat n’est engagé, car Venise se retire de la Ligue et Andrea Doria est obligé de retraiter. Ce non-affrontement marque le début de la prédominance de la flotte ottomane en Méditerranée. En 1543, l’empire ottoman devient l’allié de François 1er de France. Les deux nations entreprennent de nombreuses campagnes navales et ravagent les côtes italiennes.  À la fin de sa vie, Barberousse fait construire une mosquée et un mausolée funéraire qui existent toujours aujourd’hui.

Ma suggestion de lecture :

BARBEROUSSE – LE MAÎTRE DE LA MÉDITERRANÉE
Auteur : Geneviève CHAUVEL
Éditeur : Balland Editions
Paru : 2 février 2017
Format : Papier
Disponible : Decitre, Amazon.fr, Archambault, Renaud-Bray

Résumé :

Qui était Barberousse ? Pas seulement, comme le raconte la légende, un corsaire cupide et cruel qui semait la terreur dans toute la méditerranée. De son vrai nom Khayr-ed-Din ibn Yacoub, fils d’un ancien janissaire devenu potier dans l’’île de Mytilène, en Grèce, Barberousse fut un brillant navigateur aux côtés de son frère Aroudj auquel il a succédé sur le trône d’’ Alger. Grand chef politique, habile et fin stratège, il deviendra le personnage incontournable dans la lutte à mort à laquelle se livrèrent Soliman, Charles Quint et François 1er au XVI° siècle.
Geneviève Chauvel, historienne et romancière, nous livre ici un portrait sans concession, vibrant et flamboyant, de cet homme au destin hors du commun.