Les Khmers rouges

Le Cambodge a connu, au 20e siècle, une ère troublée par des organisations communistes et révolutionnaires que l’on surnomme en Occident les « Khmers rouges ».  Inspirées par le communisme chinois de Mao, ces organisations autonomes convergent dans les années 60 et se dotent d’un noyau dirigeant. C’est ce groupuscule que l’on nomme les « Khmers rouges ». Et à la tête de l’organisation, un seul dirigeant assure les destinées de cette force politique. Il s’agit du sinistre Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sar.  En 1975, les Khmers rouges, avec à leur tête Pol Pot, s’empare du pouvoir en triomphant de l’armée du gouvernement. Ils réussissent à se maintenir  aux commandes de l’État jusqu’en 1979. Durant les quatre années du gouvernement des Khmers rouges, le peuple cambodgien est victime de toutes sortes d’atrocités. La volonté de Pol Pot et de ses partisans d’imposer leur autorité est la cause de la mise en place de nombreuses mesures radicales. Déjà avant leur prise du pouvoir, ils avaient commencé à imposer de telles mesures dans les territoires qu’ils contrôlaient. Le 17 avril 1975, les forces de Saloth Sar entrent dans Phnom Penh. Commence alors la déportation de la population de la ville. Sous un faux prétexte, les Khmers rouges invitent et dans beaucoup de cas ordonnent aux habitants de la ville surpeuplée de se déplacer vers le sud. Comme les ordres d’évacuation sont exécutés très rapidement, les gens n’ont pas de vivres avec eux. Ils ne se doutent pas qu’ils doivent marcher sur de longues distances. C’est ainsi que sous un soleil de plomb, il sont entraînés vers le sud du pays. On sort même les malades des hôpitaux. Ceux qui ne peuvent pas suivre sont exécutés sur le champ. On somme aussi les anciens haut gradés de l’armée et les membres de la police de l’ancien régime de se rendre. Ils les font sortir des colonnes de marcheurs et les exécutent. Environ 10 000 à 20 000 personnes succombent à la violence des Khmers rouges lors de l’évacuation de Phnom Penh. Un mois plus tard, l’exécutif Khmers prend de nouvelles décisions : évacuation de la population de toutes les villes, laïcisation des moines bouddhistes et leur participation au travail dans les rizières, exécution de tous les dirigeants de l’ancien régime et expulsion de la population vietnamienne du Cambodge. Par la suite, on instaure un système social dans lequel, les gens n’ont aucunement le droit de faire des choix pour eux-mêmes. Cela ressemble beaucoup à une forme d’esclavage. Les coopératives agricoles fleurissent. Les cambodgiens deviennent des employés agricoles non payés. Ils doivent travailler pour le bien de l’État. Les familles sont séparées. Il est aussi défendu de démontrer de l’affection ou de la colère à qui que ce soit. L‘on tente ainsi de déshumaniser la population pour en faire des êtres malléables totalement dédiés au bien du régime. Le système judiciaire est démantelé. Toute incartade aux règles établies peut être punie de mort. Durant le gouvernement khmers, de nombreuses famines frappent la population. Durant cette période, la cueillette de fruit est interdite. Cela est considéré comme un vol de l’État et est puni de mort. De plus, comme cela n’était pas assez, le régime adopte une politique raciste envers les communautés culturelles et religieuses. La population musulmane, surnommée les Chams sont particulièrement visés. On tente en fait de détruire tout ce qui fait l’originalité de cette population. Les catholiques ne sont pas non plus épargnés. Enfin, les khmers mettent sur pied non pas des prisons mais des centres de rééducation. C’est environ 20 000 personnes qui trouvent la mort dans ces camps. Mais dans tout le pays, le bilan est beaucoup plus lourd. En effet, les chiffres sont accablants. C’est entre 250 000 et 3 100 000 personnes qui ont trouvé la mort dans ce petit pays entre 1975 et 1979. Déchu du pouvoir en 1979, Pol Pot va continuer dans la clandestinité la poursuite de son rêve collectiviste. Il meurt le 15 avril 1998 à l’âge de soixante-douze ans. La cause officielle de la mort est une crise cardiaque, mais beaucoup s’interrogent sur les causes de son décès.

Ma suggestion de lecture :

TU VIVRAS MON FILS
Auteur : Pin YATHAY
Éditeur : Archipel
Paru : 1er avril 2005
Format : Ebook
Disponible : Decitre (ePub), Amazon.fr (kindle), Amazon.ca (kindle), Numilog (ePub), Archambault (ePub), Renaud-Bray (ePub), Leslibraires.ca (ePub), Kobo, Nook

Résumé :

C’est un récit terrifiant et bouleversant, un voyage au bout de l’horreur. 17 avril 1975 : les Khmers rouges de Pol Pot investissent la capitale cambodgienne, Phnom Penh, prélude à un drame qui va durer près de quatre ans et mener tout un peuple aux confins de la folie et de l’extermination. Pin Yathay, jeune ingénieur cambodgien promis à un brillant avenir, voit sa vie basculer dans l’enfer khmer. Seul survivant de sa famille, il raconte avec le ton du désespoir l’exode de millions de personnes vers l’inconnu, la faim, la peur et la mort, une errance sans fin qui semble ne répondre à aucune logique hormis celle de la folie arbitraire et destructrice des Khmers rouges. De camps de rééducation en campements forcés dans la jungle, un pays tout entier transformé en vaste camp de concentration où finit par périr plus du quart de la population cambodgienne. Un véritable génocide mené au nom d’une idéologie égalitaire. Les derniers chapitres du livre, qui décrivent la fuite de Pin Yathay vers la Thaïlande, sont particulièrement déchirants.C’est une lecture difficile, douloureuse tant le récit est poignant, tant l’horreur est présente et fait mal. Pour l’humanité, on préférerait qu’il s’agisse de fiction. Mais il n’en est rien. Alors pour l’humanité toujours, il faut lire ce livre. Dans une parabole khmère rouge entendue maintes fois, on comparait les gens à des bœufs : – Voyez le boeuf, camarade. Admirez-le ! Il mange où on lui ordonne de manger. Si on le laisse paître dans un champ, il mange. Si on le conduit dans un autre champ qui ne contient pas assez d’herbe, il broute quand même. Il ne peut pas aller et venir, il est surveillé. Quand on lui demande de tirer la charrue, il s’exécute. Il ne pense jamais à sa femme et à ses enfants. Souvent, lors des réunions, les Khmers rouges parlaient du « camarade boeuf » comme du révolutionnaire idéal.–Maya Kandel
(Résumé tiré du site Babelio)