La retraite de Russie de Napoléon (1812)

Après avoir conquis l’Europe, Napoléon décide, en 1812,  de s’attaquer à la Russie du tsar Alexandre 1er. Adversaire un peu désorganisée au début de l’invasion française, l’armée russe, ne dit pas son dernier mot après les multiples avancées de l’empereur. Mais avant tout, voyons les forces en présence. Du côté français, la Grande armée de Napoléon peut compter sur 650 000 hommes dont 450 000 français, 95 000 polonais, 90 000 allemands, 25 000 italiens, 12 000 suisses, 4800 espagnols, 3500 croates et 2000 portugais. De l’autre côté, l’armée impériale russe compte sur 350 000 hommes au début du conflit et 900 000 plus tard au cours de la campagne.  Aujourd’hui, les historiens ne s’entendent pas sur les raisons du repli des russes : stratégie ou peur de l’affrontement? Toujours est-il que plus la Grande armée avance en territoire russe, plus elle s’affaiblit. Pas à cause du froid, mais plutôt à cause des problèmes de ravitaillement.  Napoléon prévoyait s’approvisionner en Prusse et en Pologne. Mais la population hostile de Prusse et les faibles récoltes polonaises expliquent en partie pourquoi tant de soldats tombent malades. Le choc des températures entre le jour et la nuit n’aide pas non plus.  Ce qui fait que les cadavres de soldats de la Grande armée s’accumulent déjà avant même l’affrontement avec les russes. C’est 5000 à 6000 hommes qui sont perdus à chaque jour… En septembre 1812, Napoléon réussit finalement à prendre Moscou qui a été évacuée de sa population. Mais par malheur, des incendies sont allumés par des prisonniers libérés des prisons moscovites. Impossible pour les français d’éteindre les brasiers, les pompes à eau ayant été toutes enlevées par les autorités russes. Cette victoire devient presqu’une défaite pour Napoléon.  Il offre la paix à Alexandre 1er qui prend son temps pour répondre. Il espère ainsi gagner du temps afin que la Grande armée soit battue définitivement par le meilleur allié de la Russie : l’hiver. Napoléon, anxieux, quant au sort de son armée, n’attend plus la réponse du tsar. Il sonne la retraite. Ce repli de la Grande armée est probablement l’événement le plus connu des guerres napoléoniennes. La France perd, durant le recul de Napoléon, un très grand nombre de soldats. Le froid (-30 Celsius) et la faim (les cosaques appliquent la stratégie de la terre brûlée) sont les principales causent de l’hécatombe. Les attaques russes devenant de plus en plus pressantes, on forme autour de l’empereur un escadron de 600 cavaliers ayant encore leur monture. Ce groupe est appelé l' »escadron sacré ». On croit que l’horreur achève. Mais cela c’est sans compter sur le passage du fleuve la Bérézina. L’armée de Napoléon en tentant de franchir ce cours d’eau est pressée par les troupes de Koutouzov. Celui-ci est repoussé et 50 000 soldats français réussissent le passage de ce fleuve charroyant d’énormes blocs de glace. Mais les blessés en arrière garde se bousculent et beaucoup d’entre eux tombent et se noient. Considérant les événements, Napoléon décide de regagner Paris et laisse le commandement de ce qui reste de sa Grande armée à son beau-frère Murat. Et comble de l’ironie, le grand empereur français termine sa course dans une voiture de poste payée à crédit, car lui et sa garde rapprochée ne possèdent, à eux tous, que 80 francs. Durant cette triste campagne, les pertes de Napoléon sont évaluées par les spécialistes à 200 000 morts, à 150 000, à 190 000 prisonniers et de 130 000 déserteurs. Du côté russe, les pertes sont de 210 000 morts (170 000 soldats et 40 000 miliciens). Les Français demandèrent le retour de leurs compatriotes abandonnés en territoire russe. Mais peu revinrent car la plupart s’établirent et fondèrent des familles. Il y a même un certain Jean-Baptiste Savin qui devint Mikhail Andréïevitch Savine et qui s’éteignit à l’âge vénérable de 123 ans dans la ville de Saratov.

Mes suggestions de lecture :

NAPOLÉON ET LA CAMPAGNE DE RUSSIE, 1812
Auteur : Jacques-Olivier BOUDON
Éditeur : Armand Colin
Paru : 2 mai 2012
Format Ebook
Disponible : Decitre (ePub), Amazon.fr (kindle), Amazon.ca (kindle), Numilog (ePub), Archambault (ePub), Renaud-Bray (ePub), Leslibraires.ca (ePub), Kobo, Nook

Résumé :

« Bérézina ! » Ce mot aujourd’hui passé dans le langage courant illustre à lui seul combien l’’expérience de la campagne de Russie est ancrée dans la mémoire nationale. Cette mémoire est, du reste, partagée par les Russes qui font de 1812 un élément fondateur de leur Histoire. L’affrontement de deux empires, alliés depuis 1807, qui se déroule dans la démesure avant de tourner au désastre, offre une dramaturgie qui se prête au récit : phase de préparation, début de la campagne jusqu’à son apothéose lors de l’entrée dans Moscou, bientôt en flammes, puis chute, avec cette lente retraite dramatique effectuée pour l’essentiel à pied, dans le froid glacial de l’hiver russe. Au-delà de la narration des principaux épisodes de cette expédition, une réflexion s’impose sur le traumatisme qu’a représenté cette tragique campagne. A travers des sources nombreuses, une littérature riche, Jacques-Olivier Boudon s’attache à croiser les approches pour nous aider à comprendre le rôle majeur de cet épisode dans la construction des mémoires européennes. 


LES SOUVENIRS DE LA GRANDE ARMÉE. T. 4 : LES CHASSES DU COMTE JOUKHOV
Auteur : Michel DUFRANNE et Alexis ALEXANDER
Éditeur : Delcourt
Paru : 15 février 2012
Format : Papier
Genre : Bande dessinée
Disponible : Decitre, Amazon.fr, Amazon.ca, Archambault, Renaud-Bray, Leslibraires.ca

Résumé :

Le lieutenant Godart vient de rendre son dernier soupir.
Il laisse à son fils ses précieux carnets. Mais ce dernier n’y voit que les élucubrations d’un vieux soldat qui a préféré les champs de bataille à sa famille. En quête de réponse sur cet homme absent, il entreprend la lecture et découvre le récit des événements de l’hiver 1812, durant lequel son père croise le chemin de redoutables cosaques

 

Vente de la Louisiane

Aujourd’hui un simple État américain, mais jadis, la Louisiane couvrait une partie immense du continent nord-américain.  Qu’est-ce qui a donc poussé Napoléon 1er à se départir de cette terre et de la vendre aux États-Unis? Pour mieux apprécier l’importance de cette transaction, commençons avec un court historique du développement de la Louisiane.
L’aventure louisianaise commence en 1682 lorsque René-Robert Cavelier de La Salle explore le cours de la rivière Mississipi jusqu’à son embouchure. Il baptise ce large bassin hydrographique Louisiane en l’honneur du roi Louis XIV.
Cependant, ce n’est qu’en 1699 que commencent les efforts de colonisation avec la fondation de la ville de Biloxi par Pierre Lemoyne d’Iberville.  À l’époque, le territoire de la Louisiane couvrait les États actuels de l’Arkansas, du Dakota du Sud, Dakota du Nord, de l’Iowa, du Kansas, Missouri, Montana, Nebraska et de l’Oklahoma. En 1718, la ville de la Nouvelle-Orléans est fondée par Jean-Baptiste Lemoyne de Bienville. Plusieurs années plus tard, en 1762, la France, après avoir perdu la guerre de Sept ans, cède la Louisiane à l’Espagne.  Beaucoup d’Acadiens expulsés de chez eux sont accueillis en Louisiane avec l’autorisation des autorités espagnoles. En 1800, la Louisiane est restituée à la France par les Espagnols. Le 3 mai 1803, Napoléon vend la Louisiane aux Etats-Unis pour 15 millions de dollars.  Mais pourquoi cette vente ? Pour la simple raison que Napoléon avait besoin de fonds rapidement pour financer sa guerre contre l’Angleterre. Il fit procéder, par ailleurs, à la signature de l’acte de vente sans obtenir l’assentiment de l’Assemblée nationale, qui aurait fort probablement refusé que la France se départisse d’un si important territoire. Et fait à noter, sur les 80 millions transigés, 20 millions étaient destinés au compte personnel de Talleyrand. L’on peut penser que tout cet argent contribua en partie aux succès de Napoléon, alors qu’il s’imposa en l’Autriche, en Prusse et sur une partie importante de l’Europe. Les Etats-Unis, de leur côté, tout en s’endettant, firent probablement l’achat du siècle…

Ma suggestion de lecture :

LE ROMAN DE LA LOUISIANE
Auteur : Jacqueline MONSIGNY et Edward MEEKS
Éditeur : Éditions du Rocher
Paru : 30 juin 2011
Format : Ebook
Disponible : Decitre (ePub), Amazon.fr (kindle), Amazon,ca (kindle), Numilog (ePub, pdf), Archambault (ePub), Kobo, Nook

Résumé :

Ah ! la Louisiane française… Un espace immense, conquis au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Un vaste empire s’étendant du golfe du Mexique jusqu’au Canada. Un véritable pays, de langue et de culture françaises, en plein coeur du continent nord-américain. Mais pourquoi Bonaparte a-t-il donc vendu la Louisiane à la jeune Amérique en 1803 ?! Coin de paradis, terre maudite ou  » cadeau  » empoisonné ? Dans tous les cas, quel destin exceptionnel que celui de ce territoire convoité, creuset des peuples et des cultures ! Embarquez à bord des steamers, ces authentiques bateaux à roue qui sillonnent le légendaire Mississippi, et remontez le temps ! Aventures amoureuses et guerrières ; exploration et conquête d’une nature sauvage, imprévisible et hostile; choc des civilisations, drame de l’esclavage et guerre de Sécession ; personnages hauts en couleur, tels Mark Twain, Talleyrand, Thomas Jefferson, le chef amérindien Grand Soleil, les frères Le Moyne et tant d’autres…
Entre épopée historique et anecdotes insolites, voici le fascinant roman de la Louisiane française !