Colonie perdue de Roanoke

L’on croit à tort que la première tentative de colonisation du continent américain fut celle de Jamestown en 1607, un an avant la fondation de Québec au Canada. En fait, si l’on exclut les tentatives espagnoles en Floride, en 1583, il y a eu une première tentative à Saint-John, Terre-Neuve.  Sir Humphrey Gilbert, explorateur et aventurier, tenta d’établir un premier lieu de peuplement, mais il se noya avant d’avoir pu réalisé son objectif. Plusieurs années plus tard, son demi-frère, Sir Walter Raleigh, un favori de la reine Elizabeth, repris l’idée d’établir une colonie de peuplement en Amérique.  Avec l’approbation de la reine Elizabeth 1, qui désirait envoyer un message quant au sérieux des prétentions de l’Angleterre en Amérique, il chargea en 1584 une expédition d’exproanoke_settlementlorer les rives de l’Amérique. Les membres de l’expédition s’arrêtèrent sur  l’Île de Roanoke le 4 juillet de la même année, dans ce qui est aujourd’hui l’archipel des Outer Banks.  Ils prirent contact avec les autochtones locaux.  Sur le chemin du retour, ils avaient à bord deux indiens Powhatans. L’année 1585, fut celle de la première tentative d’établir un colonie. Une colonie militaire, afin de tenir en respect les espagnols plus au sud. Une flotte de cinq navires, dirigée par sir Richard Grenville prit la mer au printemps et se dirigea vers l’Île de Roanoke.  Une tempête dispersa la flotte mais elle atteignit tout de même les côtes. Les membre de l’expédition bâtirent plusieurs bâtiments sur un site sur l’Île de Roanoke. Mais rapidement, les relations avec les autochtones se dégradèrent à tel point que l’on décida de retourner en Angleterre . En 1587,  Raleigh organise un nouveau voyage et une flotte amenant 115 colons traversa l’Atlantique et les colons s’établirent sur le même site déserté. John White, qui était du précédent voyage, est nommé chef de l’expédition.  Durant la période où le groupe se trouve à Roanoke, la fille de White accoucha d’une petite fille, Virginia Dare.  Il s’agit de la première enfant née en sol américain. White décida de rentrer en Angleterre afin de convaincre les autorités d’envoyer de nouveaux colons ainsi que du matériel. Lorsqu’il revint en 1590, la colonie était désertée.  Ils ne purent trouver personne dans les alentours.  La seule chose qu’ils trouvèrent, est une inscription « Croatoan » sur un poteau. croatoan Que sont devenus les colons?  Cela demeure encore aujourd’hui un mystère.  Des recherches archéologiques et génétiques se poursuivent présentement afin de découvrir le destin de ces hommes et de ces femmes.  Certaines études laissent penser que le groupe de colons auraient déménager vers un site moins exposé, environ 60 miles à l’ouest de Roanoke. La disparition des colons sembla étrange aux gens de l’époque.  Des explications ésotériques ont même été avancées pour expliquer la disparition des colons.  Encore aujourd’hui, cette « colonie perdue » inspire toujours les adeptes d’idées paranormales.

white_seedWhite Seed: The Untold Story of the Lost Colony of Roanoke
Auteur : Paul CLAYTON
Éditeur : Amazon Digital Services LLC
Disponible : Amazon.ca (Kindle)

 

 

L’expédition Lewis et Clark

Après l’expédition d’Alexander McKenzie en 1793, qui avait permis pour le première fois à un européen d’atteindre l’Océan Pacifique, une deuxième expédition est imaginée par Thomas Jefferson au tout début du XIXe siècle. Lewis_and_ClarkL’achat, par les Etats-Unis de la Louisiane en 1803 permit au projet de prendre forme.  Cette aventure était l’occasion d’étudier les tribus amérindiennes, la flore, la faune, la géologie en plus de permettre la découverte d’un passage fluvial vers le Pacifique.  Thomas Jefferson choisit Meriwether Lewis pour commander cette expédition, qui lui choisit William Clark pour l’accompagner et l’assister.  En décembre 1803, 45 hommes sont rassemblés à Saint-Louis.  Ils prirent place dans 3 embarcations et le Corps of Discovery commença son long périple le 14 mai 1804. Accompagné de son chien Seaman, Lewis dirigea son groupe vers le nord en suivant le cours sinueux de la rivière Missouri.  Ils atteignirent Fort Mandan, dans ce qui est aujourd’hui le Dakota du Nord, où ils passèrent l’hiver 1804-1805. trajet_expedition_lewis_clarkIls repartirent au printemps.  Et comme ils s’engageaient sur des territoires autochtones peu connus, ils décidèrent d’embaucher un canadien-français Toussaint Charbonneau et sa femme Sacagawea (autochtone Shoshone) comme interprètes. C’est probablement à cette dernière qu’il faut attribuer la réussite de cette expédition.  En effet, par deux fois, elle sauva l’expédition.  La première fois en sauvant des vivres et des documents importants des eaux et la seconde en parlementant avec les Shoshone, une tribu particulièrement réfractaire au passage du groupe sur leur territoire.  Mais comme Sacagawea avait pour frère un des chefs, cela facilita les pourparlers.  Et pour ajouter à l’exploit, elle accoucha d’un fils, Jean-Baptiste durant le voyage.  L’expédition Sacagaweaput donc poursuivre son chemin à travers les Rocheuses en empruntant les rivières Clearwater, Snake et Columbia.  Ils passèrent les chutes de Celilo et l’emplacement de ce qu’est aujourd’hui la ville de Portland. Ils atteignirent le Pacifique en décembre 1805.  Pour marquer cet exploit, Clark grava le texte suivant sur le tronc d’un arbre : William Clark December 3rd 1805.  Au printemps suivant ils repartirent et arrivèrent à Saint-Louis le 23 septembre 1806.
Cette expédition permit de parfaire les connaissances géographiques de l’Ouest, d’identifier de nombreuses tribus indiennes inconnues jusque là, et devint la référence pour les années à venir qui virent l’ouverture des territoires de l’Ouest.

Pour en lire d’avantage sur cette expédition, vous pouvez lire l’ouvrage suivant:

AMERICA : L’EXPÉDITION DE LEWIS ET CLARK ET LA NAISSANCE D’UNE americaNOUVELLE PUISSANCE
Auteur : Denis VAUGEOIS
Éditeur : Septentrion
Paru : 2002
Disponible : Septentrion (pdf), Archambault (pdf)

 

L’année 2003 permettra aux Américains de rappeler l’acquisition de l’immense territoire de la Louisiane en 1803. On dira sans doute que « sous l’impulsion du président Jefferson », les États-Unis doublaient ainsi leur superficie.

Puis, ce sera le rappel de la fameuse expédition de Lewis et Clark qui avaient reçu le mandat de trouver une voie navigable vers le Pacifique. Partis en mai 1804 de Saint-Louis à l’embouchure du Missouri, ils reviendront en septembre 1806, après avoir passé deux hivers chez les Indiens. On dira alors tous les mérites des deux capitaines, mais sans doute peu de chose des Indiens qui ont accueilli les explorateurs ou des Canadiens qui ont servi de guides, de chasseurs et d’interprètes.

Depuis plusieurs années, Denis Vaugeois se passionne pour l’Amérique française, les rivalités franco-anglaises et les alliances franco-indiennes. De longues recherches poursuivies sur le terrain l’ont conduit sur les traces de Lewis et Clark et l’ont amené à questionner de façon personnelle l’expédition elle-même et sa portée. Il en est sorti America.

La déclaration d’indépendance de 1783 commençait par ces mots : « We the people of the United States ». Un demi-siècle plus tard, la formule aurait été « We are America ». À partir de 1803, les Américains prennent possession d’une partie du continent, mais n’hésitent pas à se prendre pour tout le continent. Ils sont les Américains. Ils sont l’Amérique. Ils le sont de droit divin. C’est leur « manifest destiny ». Aujourd’hui, elle leur suggère de se faire les gendarmes de la planète.

« America » est un nom qui a été créé en France en 1507. Denis Vaugeois a choisi d’en faire le titre général de son essai dont le sous-titre est L’expédition de Lewis et Clark et la naissance d’une nouvelle puissance.

Un livre bien documenté qui corrige bien des questions. Ainsi, l’interprète Toussaint Charbonneau n’est pas né en 1759, mais en 1767; malgré sa vie déréglée, il a fait baptiser son fils. Si Lewis le traitait avec un certain mépris, il était par ailleurs très apprécié de William Clark. Jefferson, pour sa part, a été un extraordinaire président, un homme des lumières, mais aussi un raciste dont les propos sur les Noirs sont absolument déroutants. Surtout si on jette un regard sur sa vie personnelle. Il n’avait jamais eu l’intention d’acheter la Louisiane!

America est aussi un cours de géographie politique avec ses quelque 25 cartes et l’occasion de découvrir des artistes tels Karl Bodmer, Alfred Jacob Miller et George Catlin ou des intellectuels tels John James Audubon et Francis Parkman.

Solidement documenté, America reste un ouvrage accessible et de lecture agréable.

Carnaval

Si la Nouvelle-Orléans est la plus française des capitales américaines, elle est aussi considérée par beaucoup comme la face obscure du pays, enfouie au cœur du sud profond. Construite sur des marécages sous le niveau de la mer, la ville est depuis toujours la proie de tornades, d’’ouragans, d’inondations, d’’épidémies. La nature du sol en fait une cité qui se fissure, où même les morts ne peuvent être enterrés normalement. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Ses habitants ont ainsi depuis longtemps l’’habitude de la menace. Et pourtant… Lorsqu’’en 1919 la ville devient la proie d’un mystérieux serial killer qui laisse sur les lieux de ses crimes d’étranges lames de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant toutes d’origine sicilienne, les rivalités ethniques s’exacerbent. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, et Ida, une jeune métisse, secrétaire de l’agence Pinkerton, vont tout faire pour résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets bien gardés. Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, l’Ange de la mort, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

CARNAVALcarnaval
Auteur : Ray CÉLESTIN
Éditeur : Le Cherche-Midi
Paru : 22 juin 2015
Disponible : Amazon.ca (Kindle), Amazon.fr (Kindle), Archambault (Epub)