La fin des Romanov

En mars 1917, plus précisément le 22, le Tsar Nicolas II de Russie annonce qu’il abdique. C’est le début de la Révolution bolchévique. Gardés au Palais Alexandre près de Saint-Pétersbourg, les membres de la famille impériale sont très bien surveillés. En octobre de la même année, suite à l’intensification de la révolution, on décide de les transférer vers Tobolsk où leur surveillance se fait encore plus serrée. En mai 1918, la lutte entre les armées blanche (partisans du Tsar) et rouge (bolchéviques) forcent les autorités révolutionnaires à rapatrier la famille impériale. Un endroit est choisi pour les garder : Villa Ipatiev à Iekaterinbourg.  Un gardien est aussi choisi. Il s’agit d’un certain Avdeïev, un homme violent et alcoolique. C’est dans cette maison que le destin de la famille bascule. En effet, plusieurs jours après leur arrivée, un ordre arrive de Moscou, tous les membres de la famille impériale doivent être exécutés.  Cette décision est prise après que des tentatives pour délivrer le Tsar et sa famille aient été tentées par l’armée blanche. Mais avant de transmettre la sentence de mort aux gardiens de la Villa Ipatiev, les autorités bolchéviques procèdent à des assassinats ciblant des membres de la famille élargie du Tsar. Le premier assassiné est le frère du monarque, le grand-duc Michel Alexandrovitch. Par la suite, d’autres personnes de l’entourage du Tsar, qui n’avaient pas choisi l’exil sont exécutées à leur tour.  C’est à la suite de cette purge que la décision de mettre à mort la famille impériale est prise.  C’est durant la nuit du 16 au 17 juillet 1918 que le drame se déroule. En pleine nuit, les membres de la famille sont réveillés et invités à descendre dans une pièce du sous-sol.  Pour faciliter la coopération du Tsar,on lui explique que des troubles dans la ville peuvent nuire à leur sécurité.  Une fois descendus dans la pièce en question, un membre du groupe de gardiens s’adresse au Tsar et lui dit : ‘Vos parents et vos proches, dans le pays comme à l’étranger, ont tenté de vous libérer. Le Soviet des députés ouvriers a pris la décision de vous fusiller’ Le Tsar tente de rétorquer en répondant ‘Comment?’. Mais c’est à ce moment que la fusillade commence.  Le Tsar est le premier à tomber sous les balles du peloton d’exécution. L’impératrice et sa fille Olga sont les suivantes.  Elles tentent de faire le signe de croix mais n’en ont pas le temps.  Elles tombent à leur tour. Après quelques secondes, la pièce est remplie de fumée.  Les assassins ne voient plus leurs victimes.  Ils s’approchent et achèvent les survivants à coups de crosse de fusil dans le visage.  Les corps sont ensuite menés au bois des Quatre Frères et jetés dans un puits désaffecté.  Insatisfait de cette inhumation, le chef des exécuteurs, Yourovski ordonne le déplacement des dépouilles.  Lors du transfert, le camion transportant les corps s’enlise et l’on décide de les ensevelir sur place en prenant soin, au préalable, de les défigurer à l’acide et de les démembrer.

Voici donc comment s’éteignit la Maison impériale des Romanov, une dynastie qui régnait sur la Russie depuis le 17e siècle.

LES DERNIERS JOURS DES ROMANOV
Auteur : Luc MARY
Éditeur : L’Archipel
Paru : 11 juin 2008
Format : Ebook
Disponible : Amazon.fr (Kindle)

RÉSUMÉ:
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, la famille impériale des Romanov est abattue par les bolcheviks dans le sous-sol de leur résidence-prison d’Ekaterinbourg.
Quelques mois – de février (renversement du régime tsariste) à novembre 1917 (prise du pouvoir par Lénine) – auront suffi à la chute de la Russie impériale. Comment le tsar Nicolas II est-il passé du statut d’intouchable à celui d’ « ennemi le plus terrible du peuple russe », selon la formule de Lénine, pour rester dans les consciences, par la suite, comme un martyr ? Quelles furent les véritables raisons de l’arrestation des Romanov et qui a commandité le meurtre ? Comment ont-ils été assassinés ?
Luc Mary revient sur cette énigme résolue avec la découverte de 9 corps en 1991 et, en 2007, des restes du tsarévitch Alexei et de la grande duchesse Maria, trouvés dans une forêt des environs d’Ekaterinbourg. Il expose l’enchaînement des faits qui ont conduit à la fin des Romanov – régime à l’agonie, grèves et famines, etc. -, jusqu’à l’exhumation des corps et le travail des généticiens qui a débouché sur l’identification formelle des membres de la famille royale.
90 ans après la tuerie d’Ekaterinbourg, le tsar est entré dans la légende. Le tsar et sa famille ont été canonisés par l’Église orthodoxe de Russie en l’an 2000. Son portrait est plus souvent présent dans les foyers russes que celui de Lénine. Son exécution portait-elle en germe le futur régime stalinien ? Luc Mary analyse les fondements de cette fascination, donnant ainsi à son livre une visée politique.

 

 

Oradour-sur-Glane : village martyr

Petit village tranquille du Limousin, Oradour-sur-Glane est le théâtre, le 10 juin 1944 d’un massacre d’une violence et d’une gratuité inimaginables, hantant encore aujourd’hui la France.  Au petit matin de cette journée, une colonne de blindés s’approche du village.  Chemin faisant, les soldats allemands de la 2e division blindée Das Reich, interpellent les habitants et les incitent à rejoindre le village et de se rassembler au champ de foire. Vers le début de l’après-midi, la division atteint Oradour-sur-Glane.  Toradourrès rapidement, les chars encerclent le village et empêchent les habitants de s’enfuir. Les nazis procèdent alors au rassemblement de la population au champ de foire où déjà des personnes attendent.  Pendant l’opération de ratissage de la population, les Allemands tirent sur des habitants au hasard des rues.  Au champ de foire, les femmes et les enfants sont séparés des hommes de plus de quatorze ans.  Ces derniers sont envoyés dans 6 lieux différents, notamment des granges, pour y être exécutés.  Les femmes et les enfants quant à eux sont enfermés dans l’église à laquelle les allemands mettent le feu.  Malgré l’engin explosif placé à l’intérieur, l’embrasement tant désiré ne se produit pas.  Les nazis décident donc de tirer sur les victimes à l’intérieur du lieu sacré.  C’est ainsi qu’environ 350 enfants et femmes sont mis à mort.  Une seule femme, Marguerite Rouffanges, réussi à s’enfuir par un des vitraux.  Elle est le seul témoin ayant pu rapporter ces faits.  En tout, une trentaine de personnes habitant le village et la commune sur environ 1575 personnes, survivent à ce massacre.  Plusieurs sont demeurés tapis dans diverses cachettes attendant le départ des nazis. Mais tous n’ont pas eu cette chance.  En effet, ce massacre a fait 642 victimes. Il représente malheureusement l’exemple d’une Allemagne nazie en déroute qui, désespérée à préserver son autorité sur les populations locales, décidant de faire un exemple. 

Pour en apprendre davantage, je vous recommande le livre suivant :

oradour_fouche

Oradour
Auteur : Jean-Jacques Fouché
Éditeur : Liana Levi
Paru : 7 février 2013
Format : Ebook
Disponible : Amazon.fr (Kindle), Archambault (Epub)

Résumé : Le nom d’Oradour conserve dans toutes les mémoires les stigmates de la «barbarie nazie». Pourtant, un halo de mystère continue d’environner ce massacre, objet de multiples rumeurs. D’où venaient ces SS qui perpétrèrent le crime ? Pourquoi à Oradour ? Quelle était l’histoire de ce «paisible village» avant que l’irruption de la violence le transforme en ruines? Comment s’est construite la mémoire du massacre? C’est ce récit – la première histoire d’Oradour – que nous propose Jean-Jacques Fouché en croisant témoignages et archives jusque-là ignorées.

Le massacre de Deerfield et Eunice Williams

raid_DeerfieldQuinze ans après le massacre de Lachine perpétré par des Iroquois le 5 août 1689, il y a un événement du même genre, mais moins connu, qui se déroula dans le nord-est de l’Amérique : Le massacre ou le raid de Deerfield.  Le 29 février 1704, au petit matin, une bande de 50 français et de 250 Abénakis munis de raquettes et de plusieurs armes, franchirent la palissade cernant le village de Deerfield au Massachusetts.  Les habitants, pour la plupart, furent surpris dans leur sommeil.  Les hommes tentèrent de réagir rapidement.  Plusieurs, retranchés dans la maison des Sheldon, tinrent en respect les agresseurs. Mais les attaquants étaient trop nombreux.  Plusieurs habitants furent tués et l’on mit le feu à quelques-unes des maisons du village. Plus d’une centaine de personnes furent faites prisonnières et entraînées sur les chemins menant au Canada.  Le voyage était très pénible et certains moururent en route.  C’est le cas d’une jeune femme enceinte qui fut abattue, car l’épreuve était au-dessus de ses forces. Beaucoup d’enfants faisaient partie du groupe de marcheurs.  Les Français et les Abénakis partagèrent leur rations avec eux et beaucoup réussirent ainsi à survivre. C’est le cas de beaucoup d’enfants.  Ceux-ci furent adoptés par des tribus autochtones ou par des familles françaises.  Ils durent se convertir au catholicisme.  Ils reçurent ainsi de nouveaux noms, faisant plus « catholique ».  Certains refusant de se convertir furent renvoyés en Nouvelle-Angleterre, en échange d’une rançon.

Parmi tous ces individus, il y a une jeune fille de sept ans qui fut adoptée par une famille iroquoise installée à Khanawake près de Ville-Marie (Montréal).  Elle s’appelait Eunice Williams et était la fille du ministre puritain de Deerfield.  Elle fut baptisée et nommée Marguerite. Devenue adulte, elle épousa un iroquois nommé François-Xavier Arosen.  Elle demeura toute sa vie en Nouvelle-France et ne donna pas suite aux demandes répétées de sa famille qui offrait une rançon en échange de se libération.  Elle vécut jusqu’à l’âge vénérable de 89 ans.

Pour lire plus en détails, un livre en anglais est disponible en format numérique:

unredeemed_captiveTHE UNREDEEMED CAPTIVE : A FAMILY STORY FROM EARLY AMERICA
Auteur : John DEMOS
Éditeur : Vintage
Paru : 28 mars 1995
Disponible : Amazon.com (Kindle), Amazon.ca (Kindle)

Résumé :

The setting for this haunting and encyclopedically researched work of history is colonial Massachusetts, where English Puritans first endeavoured to « civilize » a « savage » native populace. There, in February 1704, a French and Indian war party descended on the village of Deerfield, abducting a Puritan minister and his children. Although John Williams was eventually released, his daughter horrified the family by staying with her captors and marrying a Mohawk husband.

Out of this incident, The Bancroft Prize-winning historian John Devos has constructed a gripping narrative that opens a window into North America where English, French, and Native Americans faced one another across gilfs of culture and belief, and sometimes crossed over.


Il y a aussi un roman intéressant sur le massacre comme tel :

1704
Auteur : Mylène GILBERT-DUMAS
Éditeur : VLB Éditeur
Paru : Juin 2010
Format : Ebook
Disponible : Kobo, Archambault (ePub), Renaud-Bray (ePub), Amazon.ca (kindle), Numilog (ePub)

Résumé :

Alice Morton, jeune Anglaise timide et modeste, mène une vie paisible à Deerfield, en Nouvelle-Angleterre, où elle a des parents, des amis, un fiancé. Mais, le 29 février 1704, sa vie bascule lorsque son village est attaqué par des Français et des Indiens. Ces derniers font une centaine de prisonniers, dont Alice. Durant deux mois, elle est contrainte à une marche forcée qui la conduit au Canada, où l’on prévoit la vendre. Au cours de ce voyage périlleux, Alice voit des amis et des voisins mourir sous ses yeux, les uns succombant aux difficultés de la route, les autres victimes des brutalités de leurs maîtres indiens, tandis qu’elle-même se découvre un courage insoupçonné. Peu à peu, elle en vient à comprendre la colère légitime du peuple indien, à deviner l’humanité de son maître, Mamôtkas. Et le lecteur assiste à la progressive et fascinante transformation d’une jeune fille obéissante et effacée en une femme décidée et courageuse. Tirée d’une légende née dans la région de Sherbrooke, cette histoire bouleversante, riche en rebondissements et en fines observations sur le comportement humain, transporte le lecteur dans l’Amérique encore sauvage du début du XVIIIe siècle.