Services secrets sous Louis XV

C’est au XVIIIe siècle que prend forme les premiers balbutiements des services secrets français.  À l’origine de la création du  »Secret du roi », tel que fut appelé cette organisation, il y a la guerre de Succession d’Autriche. En effet, dans les années 1740, la guerre sévit entre la France et l’Autriche, entre les Bourbon et les Habsbourg.  Chacune de ces grandes nations cherchent à établir un réseau d’alliés.  L’Autriche compte sur la Russie, tandis que la France fait alliance avec la Prusse.  1748 voit la fin de la guerre de succession, mais la France demeure insatisfaite.  Cette défaite influencera la politique étrangère de la France. En effet, le roi de France ne désire pas répéter les erreurs de la guerre de succession d’Autriche. Louis XV, roi de France, est un être qui se complait dans le secret.  La problématique liée à succession sur le trône polonais va lui donner l’idée de mettre sur pied un service secret de correspondance devant l’informer personnellement des derniers développements en Pologne, et ce à l’insu du  »Cabinet noir » de ses propres Affaires étrangères. C’est ainsi que naît le  »Secret du Roi ».  Pour réaliser les tâches d’espionnage, le prince de Conti engage des agents qui seront tenus au secret. Ils sont envoyés en mission dans différentes capitales : M. des Alleurs à Constantinople, M. des Issarts à Varsovie, le marquis d’Havrincourt à Stockholm, le chevalier de La Touche à Berlin, etc.  Mais le secret de cette organisation est bientôt éventé.  En effet, la maîtresse du roi, la marquise de Pompadour, découvre quelques-uns des messages, dont un qui met au jour la mission du chevalier d’Eon à Londres, et décide d’en informer Choiseul, le secrétaire d’état aux Affaires étrangères de Louis XV. 
Malgré les brèches du secret de l’organisation, le chevalier d’Eon devient une figure de proue du service du roi en réussissant à s’infiltrer auprès de l’impératrice Elisabeth de Russie en tant que  »lectrice » de la tsarine.  Il réussit donc à contourner le chancelier russe qui n’est pas favorable à un rapprochement avec la France. En 1757, suite à une correspondance assidue avec la tsarine, la France réussit à entraîner la Russie dans l’alliance franco-autrichienne.
La deuxième mission du  »Secret du roi » consiste à réussir à placer le candidat de la France sur le trône polonais.  Cette fois, les choses sont plus difficiles, et c’est la nouvelle impératrice de Russie, Catherine II qui réussit, grâce à la Guerre de sept ans qui a ruiné la France, à placer son candidat à la tête de l’état polonais.  Par la suite, avec l’aide du Chevalier d’Eon à Londres, Louis XV veut envahir l’Angleterre.  Cette tentative sera, elle aussi, vouée à l’échec.  À la fin du règne de Louis XV, le  »Secret du roi » est mis au jour au sein du grand public.  Cette découverte stupéfait la France. L’organisation secrète est aussitôt mise de côté.  Le successeur de Louis XV, son petit-fils Louis XVI ne fera jamais appel au  »Secret du Roi » mais ne reculera pas, lorsque les événements pourront l’exiger, à recourir aux services d’espions, tel que Beaumarchais.


Ma suggestion de lecture:

LE SECRET DU ROI, T.1 LA PASSION POLONAISE
Auteur : Gilles PERRAULT
Éditeur : Fayard
Paru : 21 octobre 1992
Format : Ebook
Disponible : Numilog (Epub)

Résumé :
Trente ans durant, de par la volonté de Louis XV et sous la direction du prince de Conti, puis du comte de Broglie, un service secret _ le Secret du Roi _ fonctionne à l’insu des ministres et de la cour. Son objectif? Asseoir Conti sur le trône de Pologne, seul trône électif en Europe. Dans un deuxième temps, après le désastreux traité de Paris qui conclut la guerre de Sept Ans, il s’agit d’organiser la revanche contre l’Angleterre, notamment en préparant un débarquement sur la côte anglaise.

Si l’on s’intéresse à l’Histoire, et aux affaires secrètes, comment ne pas se passionner pour ce réseau clandestin dont quelques agents s’appellent Vergennes, d’Eon, Breteuil, autour duquel gravitent un Beau-marchais ou un Dumouriez, et qui aura pour adversaires acharnés la marquise de Pompadour et Choiseul? Techniquement, le Secret du Roi fait entrer la France dans l’ère du renseignement moderne: réseau nombreux, strictement cloisonné, à vocation européenne, poursuivant des objectifs à long terme. Nous sommes loin des missions ponctuelles confiées, par exemple, à l’excellent agent que fut Voltaire. Aussi bien les péripéties qui scandent l’histoire du Secret sont-elles de même sorte que celles qui ébranlent nos services contemporains: lutte toujours recommencée entre chiffreurs et casseurs de codes adverses, morts suspectes, défections imprévisibles, retournement d’agent, avec, pour les chefs du Secret, la hantise permanente _ hélas, trop souvent justifiée… _ d’être  » lâchés  » par l’autorité suprême, en l’occurrence Louis XV.

Il n’était pas aisé d’écrire une histoire imbriquée à ce point dans la grande Histoire: comment raconter l’action souterraine du comte de Broglie et de ses agents sans évoquer la politique française officielle, qu’ils avaient le plus souvent mission de neutraliser, voire de contrecarrer? En revanche, la chronique mouvementée du Secret est plus facile à reconstituer que celle de n’importe quel autre service passé ou présent, car tout était écrit (ordres de Louis XV, directives de De Broglie, rapports des agents), et les archives, à quelques déficits près, nous sont parvenues intactes.

Voués de leur vivant à l’obscurité, les hommes des services en sont rarement tirés par la postérité. On a tenté de faire revivre ici les figures de quelques personnages remarquables par le courage, l’intelligence et le dévouement, qui tentèrent, en s’y brisant le plus souvent, de modifier le cours de l’Histoire.


LE SECRET DU ROI, T.2 L’OMBRE DE LA BASTILLE
Auteur : Gilles PERRAULT
Éditeur : Fayard
Paru : 3 novembre 1993
Format : Ebook
Disponible : Numilog (Epub)

Résumé : Préparer la revanche sur l’Angleterre après le désastreux traité de Paris (1763): telle est la mission confiée par Louis XV à son  » Secret « . Charles de Broglie, chef du service, envoie des espions repérer les côtes anglaises en vue d’un débarquement. Tout s’accomplit à merveille quand le chevalier d’Eon, jusqu’alors impeccable, plonge le roi de France et Broglie dans les angoisses en menaçant de faire défection et de révéler l’entreprise aux Anglais. Il s’ensuit des péripéties qu’un Alexandre Dumas n’aurait pas osé imaginer. Pour la première fois, des hommes du service connaissent les affres de la Bastille…

Catastrophe en Pologne, qui subit son premier démembrement. Succès en Suède grâce à Vergennes, éminent agent du Secret. Guerre toujours recommencée entre chiffreurs et casseurs de codes. Epuisante guérilla contre la comtesse du Barry qui a pris le relais de feue la marquise de Pompadour et s’ingénie à neutraliser une organisation qui lui échappe. Charles de Broglie parviendra-t-il à conjurer les périls? Pour sauver le Secret, il propose d’employer ses agents à récupérer un pamphlet scandaleux, imprimé à Londres, attaquant la Du Barry sur son passé galant. Mais c’est Beaumarchais, entré à son tour au service secret du roi après de violentes tribulations judiciaires, qui travaillera à sauver la réputation de la favorite.

Trahi par un ministre dont il croyait à juste titre s’être mérité la reconnaissance, Broglie se trouve bientôt dans une situation si désespérée qu’il envisage de se constituer prisonnier à la Bastille, où l’ont précédé Dumouriez et quelques autres. Louis XV meurt, le 10 mai 1774, alors que le Secret subit le pire désastre de son histoire mouvementée.


LE SECRET DU ROI, T.3 LA REVANCHE AMÉRICAINE
Auteur : Gilles PERRAULT
Éditeur : Fayard
Paru : 9 septembre 1994
Format : Ebook
Disponible : Numilog (Epub)

Résumé : Louis XV meurt le 10 mai 1774. Son petit-fils Louis XVI décide de dissoudre le  » Secret « , service créé dix-huit ans plus tôt par feu le roi. Le service disparu, ses agents demeurent, et l’on peut compter sur Charles de Broglie pour ne pas assister les bras croisés aux grands événements qui vont secouer le monde. Mais il faut désormais agir dans une stricte clandestinité. L’Amérique bouge. Les Insurgents entament la lutte pour l’indépendance. Tandis que Beaumarchais s’improvise armateur et fournisseur d’armes, l’équipe de Broglie se mobilise pour envoyer aux Américains les cadres militaires indispensables. Gilbert de La Fayette, dix-neuf ans, héros emblématique de l’appui décisif apporté par la France aux jeunes Etats-Unis, aurait-il rencontré son destin sans Charles de Broglie? Broglie lui-même, enfin délivré de la paralysante tutelle royale, a-t-il quelque chance de réussir dans le projet le plus extraordinaire jamais conçu par son ardente imagination? Les longs cheminements décrits dans les deux tomes précédents trouvent dans celui-ci leur point de réunion. La fièvre américaine les emporte tous, de Broglie à Beaumarchais, de La Fayette à Dumouriez. Au-delà des péripéties et des déceptions individuelles, c’est dans le Nouveau Monde que les espérances trop longtemps bridées en Europe vont trouver à s’accomplir.

 

Le Schindler britannique

Beaucoup de gens ont sûrement vu le beau film de Steven Speilberg « La liste de Schindler ». Ce film raconte l’histoire d’Oskar Schindler, industriel autrichien, qui, pendant toute la durée de la deuxième guerre mondiale, pu réussir à sauver environ 1200 juifs, en les faisant travailler dans son usine de fabrication de munitions.  Il a même acheté le silence de nombreux officiers nazis afin de préserver la vie de ses travailleurs.  Cette histoire n’est pas unique.  Il est bon de savoir qu’il a existé d’autres héros de la trempe de Mr. Schindler lors de cette période affreuse de l’histoire de l’humanité.nicholas_winton
Un de ces héros est un britannique : Nicholas Winton.  En fait son vrai nom est Nicholas Wertheim.  Sa famille est d’origine juive allemande, mais elle s’est installé en Grande-Bretagne et s’est convertie au christianisme. Afin de mieux s’intégrer à leur nouveau pays, ils ont pris le nom de Winton.
En 1938, alors employé de la bourse de Londres il est de passage à Prague pour visiter un ami. Il est sensibilisé au sort des enfants juifs en visitant un camp de réfugiés pendant son séjour.  Son ami tchécoslovaque participe à des sauvetages d’enfants et cela lui donne l’idée d’en faire de même.  Il monta donc une petite entreprise qui permit à plusieurs centaines d’enfants d’éviter les âffres du régime nazi.  Pour atteindre son but, il travailla à convaincre les autorités britanniques d’accepter de recevoir des enfants, mêmes si ceux-ci ne pouvaient pas tous présenter des papiers d’identité conformes.  Une fois que Londres accepta de baisser ses exigences, il commença à organiser des convois.  Il réussit à évacuer 669 enfants répartis dans 8 convois.  Une ombre au tableau, le 9e train ne put jamais partir et 250 enfants disparurent à tout jamais.
Pendant longtemps, plusieurs de ces rescapés et leurs familles ne surent à qui ils devaient la vie.  Ce n’est que 50 ans plus tard, que le tout est révélé au monde.  C’est sa femme qui trouva dans une vieille sacoche remisée au grenier, la liste des enfants et la correspondance entre son mari et les parents de ces enfants.
En septembre 2009, un train en partance de Prague, avec à son bord plusieurs des enfants, atteignit Londres où les attendait leur sauveur.
Il reçu de nombreuses distinctions et s’éteignit paisiblement le 1er juillet 2015 à nicholas_winton_livrel’âge de 106 ans.

Pour en apprendre davantage, vous pouvez lire le livre écrit par sa fille Barbara Winton : « If it’s not Impossible : The Life of Nicholas Winton », paru chez l’éditeur Troubador Publishing Ltd. 
Disponible : Amazon.ca (Kindle), Amazon.com (Kindle)